« Pour couper un arbre la force ne compte pas vraiment »

 

Melissa (à gauche sur la photo) Doriane (à droite)

Q : Depuis Combien de temps as-tu le projet de faire une formation forestière ?

Mélissa :

Depuis un an environ après avoir suivi plusieurs fois mon frère qui travaille à l’ONF et particulièrement le stage de 3ème, je me suis bien vu à sa place. Aujourd’hui je souhaite devenir bûcheron ou sylviculteur (on n’a pas encore trop féminisé les mots dans le domaine forestier).

Doriane :

Moi depuis l’âge de 8 ou 9 ans j’ai décidé de travailler en forêt. Depuis toute petite dès que l’occasion se présentait d’accompagner mon père chauffeur grumier dans les bois, j’étais de la partie. D’ailleurs plus jeune dès 5 ans  je l’accompagnais à la chasse. Je passe mon permis cet été avec pour objectif non pas de tuer des animaux mais de faire travailler mes chiens. En fait mon père rêvait sûrement d’avoir un garçon mais aujourd’hui il se rend compte qu’une fille peut tout à fait avoir la même approche de la nature qu’un garçon tout en restant très féminine.

Mon objectif est double, soit de passer les concours de l’ONF (pour faire plaisir à mes parents !) soit de reprendre l’entreprise de bois de mon père.

 

Q : As-tu rencontré des freins pour réaliser ce projet d’entrée au lycée forestier ?

 

Mélissa : J’ai eu beaucoup de freins. La plupart des gens ne voulaient pas que j’aille vers ce domaine. A la fin, ma détermination et ma volonté l’ont emporté. Je pense que depuis le début de ma formation j’ai prouvé que j’étais capable d’y arriver (Mélissa a obtenu deux fois les encouragements du conseil de classe).

Doriane : J’aurais tendance à dire non d’un premier abord parce que mes parents  m’ont vraiment soutenue dans mes choix. Mais quand j’y réfléchis, en fait si, mes profs et la principale du collège ont essayé de me dissuader d’aller en bac pro à cause de ma très bonne moyenne. La directrice a même rencontré mes parents et il a fallu que je tienne bon. Une de mes amies a accepté d’aller en 2de générale et aujourd’hui elle va redoubler en 2nde Bac pro. Mes camarades de classes en 3ème m’ont aussi beaucoup charrié l’an passé quand ils ont su ce que je voulais faire. On  m’appelait la bûcheronne au collège.

J’ai d’ailleurs été invitée cette année dans mon ancien collège pour partager mon expérience avec les élèves de 3ème qui m’ont tous posé des questions sur les matières qu’on pouvait trouver en bac professionnel.

Aujourd’hui ce sont mes grands parents qui sont le plus inquiets. Ils m’écrivent tous les mardis matins avant les départs en TP tronçonneuse et ils m’appellent à nouveau le soir pour savoir comment ça s’est passé

 

Q : Te sens-tu à l’aise dans la formation bac pro Forêt ? Et si c’était à refaire ?

Mélissa : Je suis parfaitement à l’aise dans la formation bien qu’il faille parfois s’accrocher pour se faire accepter par les garçons mais si je devais refaire un choix je ferais le même, sans hésitation.

Doriane : Je suis très à l’aise dans la formation et je ne regrette absolument rien. Je prends beaucoup de plaisir en cours de technique forestière comme en chantier et aussi dans les cours plus généralistes. Je me plais bien dans ma classe de seconde (Doriane a été élue Déléguée de sa classe).

 

Q : Un conseil pour de futures candidates au bac pro Forêt ?

Mélissa : « Venez motivée ».

Surtout venez motivées, et ne vous laissez pas décourager par les autres. Vous trouverez au lycée des personnes pour vous aider. Gardez donc bien vote projet en tête et ne vous laissez pas dévier.

Doriane : « Pour couper un arbre la force ne compte pas vraiment »

Je dirais qu’il faut arriver très motivée, ne pas appréhender le regard des autres parce qu’on est une fille. C’est vrai que c’est un domaine dans lequel on est très « macho ». Du coup il ne faut pas se laisser faire. Au début de l’année, Morgane nous avait donné un certain nombre de conseil pour les garçons. Elle nous avait dit : « il faut être direct avec eux et ne pas hésiter à les rembarrer tout de suite pour faire cesser les quolibets sur notre force physique et tous les clichés habituels ».

En fait pour couper un arbre la force ne compte pas vraiment, il suffit d’appliquer les techniques de coupe. Par contre c’est vrai que pour l’ébranchage on prend des coups de chaud et vaut mieux être endurante.

Scroll Up